La Voie du Milieu
- Jean-Bernard MICHEL

- 3 janv.
- 3 min de lecture

Ce jour-là, je réfléchissais sur la bipolarité de ces temps potentiellement agités.
Elle est intéressante.
Les frêles esquifs que nous sommes sont attirés sans cesse vers les berges accidentées d'un fleuve turbulent. Allumez la radio ou la télé, et vous constaterez immanquablement chaque jour l'influence de forces occultes, souterraines et sournoises prêtes à vous déstabiliser.
Les forces Yin de la rive gauche manieront en toute occasion et quotidiennement le fouet de la culpabilisation afin de mieux nous tenir enserrés dans le filet de la honte, nous reprochant tout et n'importe quoi : notre consumérisme, nos ancêtres colonisateurs ou esclavagistes, les méfaits de la science, notre responsabilité dans le réchauffement de la planète, nos mœurs dissolues et décadentes, notre abus de désir de santé responsable du trou de la sécu-que-le-monde-entier-nous-envie et dont nous ne sommes bien sûr pas dignes. Et aussi notre inconséquence dans la survenue des accidents de la route, notre individualité irresponsable et les bienfaits d'un collectivisme protecteur, etc, etc.
De la rive droite, les forces Yang, quant à elles, agiteront le spectre hideux de la peur : peur des maladies, du terrorisme, des agressifs contrôles de radars nous rendant paranoïaques, des forces de police répressives, des contrôles insidieux ou les arnaques sur internet, les victimes du chômage, les déclarations de guerre sur d’éventuels ennemis terroristes non désignés mais bien réels, voire la nécessité d’un réarmement pour nous préparer à contrer un envahisseur potentiel, lui aussi bien réel, etc, etc.
Afin de ne pas se fracasser par erreur sur ces écueils idéologiques jalonnant les berges Yin ou Yang, phares naufrageurs aveuglants nous poussant tantôt vers l'obscurantisme aveugle, tantôt vers un refuge illusoire nous promettant de repousser l'angoisse et l'épouvante, permettez-moi de vous suggérer, mes amis, une navigation adroite, devrais-je préciser une adroite navigation pour éviter toute confusion, sur la Voie du Milieu.
Comme en Manche, trois chenaux étroits, trois Voies du Milieu sont empruntables :
· La première est d'inspiration bouddhique. C'est celle de la force d'inertie, de la résistance passive. Expérimentée en Afrique du Sud, puis exportée en Inde par Gandhi, ses résultats sont redoutables et reconnus mais... douloureux, car cette voie est coincée entre le marteau et l'enclume des forces du Yang et du Yin.
· La deuxième Voie du Milieu est celle de Confucius. C'est la voie du consensus, de l'esprit des lois, celle du compromis, quand ce n'est pas de la compromission. Les écueils sont proches et le naufrage toujours possible. Cette voie a permis aux provinces chinoises de s'unifier, et à sa civilisation de prospérer pendant des milliers d'années. Elle n'a cependant pas résisté à l’écueil idéologique du communisme, mais a réussi à se remettre à flot.
· La dernière enfin est celle du Tao, enseignée par Lao Tseu. Le principe consiste, en quelques mots, à faire le vide en soi pour le reconvertir en une force, une énergie colossale. Énergie aussi dure que la pierre, utilisée dans les arts martiaux chinois et japonais, la voie du Tao est paisible parce qu'elle est sûre d'elle. Les moines guerriers s'en sont inspirés pour se préparer à la guerre afin d'avoir la paix. Elle est calme et déterminée, et refuse les penchants extrêmes. Elle est le centre du Tout, qui repousse les rives et les écueils, elle est le contraire du mou, de la compromission.
Cette Voie du Milieu est certes politiquement difficile à suivre et individuellement compliquée à tenir. Son symbole, que tout le monde connaît, est composé d'un cercle coupé par une ligne sinueuse, les parties Yin et Yang, blanche et noire, dans chacune desquelles un point de couleur opposée y est incrusté. Ses formes respectent le nombre d'or, que l’on peut retrouver partout dans l’univers.
Mes amis, laquelle de ces voies, de Bouddha, de Confucius, ou de Lao Tseu, vous semblerait la mieux à même de vous mener à la sagesse, et donc aux vérités de la nature, c’est à dire à la Vérité, avec un grand V, celle que nous cherchons tous, en définitive ?
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